Partager l'article ! Lantau: "Où l'on s'aventure au delà des mers." Par un matin que menaçait le coucher tardif de la veille et l'in ...
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"Où l'on s'aventure au delà des mers."
Par un matin que menaçait le coucher tardif de la veille et l'ingestion de boissons diverses, je décidai de faire quelque escapade sur l'île de Lantau.
En guise d'explication, je dirais que Lantau se dit "Dai Yue Shan" en cantonais, c'est à dire "grande île montagne", ce qui est admirablement pensé car il s'agit effectivement d'une
île plus grande que celle de Hong-Kong, avec de magnifiques montagnes à l'intérieur.
La ville a conquis une étroite bande de terre au nord, près de l'aéroport international de Chep Lap Kok. Le résultat porte le nom de Tung Chung et offre un bel exemple de ce
qu'il ne faut pas faire en matière d'urbanisme. L'urbanisme des villes nouvelles hongkongaises mériterait d'ailleurs un article à lui tout seul tant il met notre sens
esthétique devant ses ultimes contradictions.
Les reliefs abrupts de l'île ont empêché ses belles initiatives architecturales de se propager trop loin, si bien que le reste du territoire est resté à peu près sauvage. Les premiers
colons tankas, qui débarquèrent quelques siècles plus tôt, ne durent pas voir des paysages très différents de ceux d'aujourd'hui.
Quand à moi, je débarquai par le sud à Mui Wo, après une traversée de quarante cinq minutes pendant laquelle je tachai de rallonger cette nuit trop courte.
La tentation de rester à lézarder sur la plage fut palpable, mais vite chassée de mon esprit. Après quelques tours et détours dans le village, je
trouvai le petit sentier qui grimpait dans la montagne.
Cette ballade ne s'arrête pas là et sera continuée dès demain. D'ici là je tenterai, avec mes colègues, de retrouver dans la
consommation des produits bon marché de Shenzen, la liesse qu'une pluie drue et obstinée a oté à Hong-Kong.
Peu à peu la plage disparut, après un dernier regard vers Pui O, je me perdis dans la nature.
Je bifurquai ainsi trop tôt vers le nord contournant le Sunset Peak pour redescendre non loin de Tung Chung, opiniâtre
néanmoins je rejoignis le col de Pak Tung Au par la route pour entamer l'ascension du Lantau Peak.
Il est bon de préciser que l'aspect flouté des photos n'est pas dû à la médiocre qualité de mon appareil photo mais bien
aux conditions météorologiques. Malgré le côté grisonnant du ciel, la température avoisinait les 27° et l'humidité étant toujours au rendez-vous, mes vêtement se transformèrent en d'horribles
serpillères.
La vue récompensa mes efforts et me fit oublier la pénurie d'eau dans laquelle mes deux insouciantes bouteilles d'aqua bona m'avait laissé.
Malgré ses 934m d'altitude, le Lantau Peak n'était balayé que par quelques brises éparses, je décidai que la séance de hammam avait assez duré et me précipitait vers le grand boudha plus
en aval.
Celui-ci avait déjà reçu ma viste quelques mois plus tôt. J'étais alors venu plus simplement pas le métro et le téléphérique de Tung Chung. Construit en 1995, cette statue donne
au monastère de Po Lin et aux boutiques avoisinantes l'aspect d'une sorte de Disneyland boudhiste, tout aussi populaire que le véritable Disneyland situé au nord est. Sans doute les
ancestraux devins tankas, ayant vu ces deux réalisations dans un de leurs rêves prémonitoires, amenèrent-ils leur peuple à s'installer sur l'île.
Du haut de l'interminable escalier menant à la vérité, on peut contempler le paysage et les divinités locales faire diverses offrandes.
Non loin de là, le sentier de la sagesse offre ses lumières à qui sait les déchiffrer.
Le tout sous la bonne garde du Peak.
Que l'observateur avisé ne s'inquiète pas de voir changer si brusquement le ciel derrière la tête du grand Boudha. Il
n'assiste nullement à un quelconque miracle dû à la présence de la sainte statue mais regarde simplement deux photos prises à cinq mois d'interval.
C'est en effet par un temps gris et plus clément que j'amenais ma mère visiter ces lieux, il y a deux semaines. Ce fabuleux chapeau, acheté dans une des innombrables boutiques,
n'a hélas pas quitté le rivage hongkongais. Il protégea les yeux maternels de la lumière diffuse, étonnamment intense, et sut mesquinement dérider les miens.
Après le boudha nous allâmes à Tai O, un port pittoresque au Nord Ouest de l'île.
Ce village sur piloti vit essentiellement de la vente de poissons et fruit de mer séchés, ou plutôt séchant, le long de ses rues sinueuses..
Si il n'ouvra guère notre appetit, le spectacle fut assez étonnant, l'odeur était un peu prenante à certains endroit et il ne fut pas malaisé de surprendre quelques mouches
accrochées deci delà, mais cet art antédiluvien avait assuré la survie des tankas pendant des décennies.
La vraie fin de cet article aurait du être le retour en bateau à partir de Mui Wo ; les jours de beaux temps le coucher de soleil sur Lantau et les îles avoisinantes est imprenable.
La prochaine fois, je songerai à prendre des photos.
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