Partager l'article ! Les Bacchanales: (Où l'on monte dans un bateau pour descendre à trés bon port...) A chaque fin d'année, vient le temps où mes nou ...
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(Où l'on monte dans un bateau pour descendre à trés bon port...)
A chaque fin d'année, vient le temps où mes nouveaux collègues tentent de rendre plus chaleureux les liens qui les unissent. Ils
procèdent ainsi au moyen d'une soirée nommée "Year End Party". C'est ainsi qu'un jeudi soir de décembre, après une rude journée à peine écourtée, nous montâmes sur un grand bateau qui se ballada
le long de la baie de Tokyo.
A l'intérieur du navire, (outre un groupe de jazz qui eût pu donner le change sans le chanteur au micro si mal réglé), se trouvait une succession d'étages dans lesquels on pouvait se
procurer en abondance des vivres, de l'alcool, du vin ainsi que quelques nectars issus des cépages français.
Un étalage aussi généreux de victuailles nécessitait de bonnes qualités de rigueur et de méthode afin de ne pas passer à côté des éléments essentiels. Sans fausse
modestie, j'assure avoir oeuvré de bon coeur pour être digne de la situation. Lorsqu'après quelques discussions deci delà, la croisière fut sur le point de finir sans avoir même eu
l'air de commencer, je repassais devant une des tables qui m'avait le plus ému. La vue des derniers verres, condamnés, par l'indifférence de quelques insipides collègues, à finir au
fond d'un évier, me révolta tout simplement.
Ecartant les doigts, je saisis quatre de ces malheureux et rejoignis mes compagnons pour leur proposer un sauvetage en règle. Ceux-ci refusèrent prétextant qu'ils avaient eu leur
compte, ou autres sornettes... Je gardais donc mon trésor. Si l'un deux profita de ma distraction pour aller s'échoir sur le pont, je pus savourer le reste en discutant avec
nombres personnes, dont le trader duquel j'explique, tous les jours, le résultat. Dans sa grande sagesse, il proposa de reprendre cette discussion plus tard et j'enchainais avec
d'autres des considérations philosophiques qu'il serait bien fastidieux de rapporter ici.
Ainsi nous débarquâmes et prîmes le taxi vers quelque bar cosy de Tokyo Midtown. Là, après maintes excursions dans les ascenseurs et les milles recoins de l'immeuble, je
réussis, par quelque habile subterfuge, à subtiliser une bouteille de vodka. Laquelle je cachai discrètement dans quelque rabicoin d'une ruelle avant d'annoncer fièrement la prise à mon
chef (qui me forma pendant tout mon séjour au Japon). Il se montra satisfait et partagea poliment ma déception lorsque, quelques minutes plus tard, je l'informais de l'égarement de ce
précieux butin. Egarement qui mériterait certainement quelque éclaircissement.
La soirée continua néanmoins sous de bons auspices. Lors d'une danse, je rencontrai une japonaise avec qui je me réveillai le lendemain matin, avant de courir à mon
bureau. Je garde bon espoir de la revoir demain.
Le vendredi fut difficile, et je crus entendre quelques remarques sarcastiques au sujet de ma triste mine. Un lointain collègue créa une diversion en arrivant tard dans l'après
midi, précédé d'un mail d'excuse au sujet de son attitude la veille.
Le soir, je montai dans le bus de nuit, qui m'emmena à Kyoto.
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